Au coeur d’un atelier culturel avec des détenus du centre pénitentiaire de Maubeuge

Publié dans la presse le 3 juillet 2009.

L'exposition sera présentée au centre pénitentiaire de Maubeuge à la mi-juillet.

L'exposition sera présentée au centre pénitentiaire de Maubeuge à la mi-juillet.

Une dizaine de détenus du centre pénitentiaire de Maubeuge préparent une exposition sur le thème de savoir-faire et faire savoir. Nous avons assisté à l’une de leurs réunions de travail.

Un moment d’évasion, une façon de se raccrocher au monde extérieur. Cinq détenus du centre pénitentiaire de Maubeuge ont visité les quatre musées régionaux (musées du verre à Trélon, du textile à Fourmies, du bois à Felleries et du bocage à Sains-du-Nord). De ce qu’ils ont vu, ils vont faire une exposition, intitulée Savoir-faire et faire savoir et présentée à la mi-juillet dans le centre pénitentiaire de Maubeuge puis dans les autres centres de la région avant de sortir à l’air libre. Depuis deux semaines, le petit groupe, auquel se sont greffés les membres de l’atelier écriture, planchent sur l’expo.

Quelle forme, quelle taille, avec quels moyens ? Quelques éléments sont d’ores et déjà définis. L’exposition sera constituée de six panneaux, chacun représentant un thème. L’accent sera mis sur ce qu’ils ont vu dans les musées, et non sur l’univers carcéral. Laurent Nachbauer, responsable du service éducatif et de médiation culturelle à l’éco-musée de l’Avesnois, est catégorique : « Il s’agit d’une réflexion d’hommes sur un sujet, pas d’une exposition de détenus. » Stéphane approuve : « Ce n’est pas parce qu’on est en prison qu’on ne sait rien faire. » Dominique renchérit : « Faut pas qu’on s’enferme en faisant une exposition sur la prison, on est déjà enfermés. » Les voix se mêlent, chacun tente de se faire entendre. Cacophonie, mais une cacophonie constructive. Michelle Flamme, responsable de l’atelier d’écriture, saisit des bribes de réflexion et organise le travail : à partir d’une liste de mots, les détenus sont invités à écrire un paragraphe sur l’artisanat : coucher sur le papier ce qu’ils ont envie de défendre dans cette exposition. Quelques minutes passent, les idées se mettent en ordre, parfois avec poésie, comme sous la plume de Roger : « Par le savoir d’hier au feu d’aujourd’hui, usiner le tisonnier pour réactiver le feu de demain. » Michelle Flamme traduit : « À regarder faire l’ancien, on peut avoir envie de faire l’aujourd’hui. » Unanimité dans la salle, c’est exactement l’objet de l’exposition. Laurent Nachbauer pense même que cette phrase pourrait servir pour présenter l’exposition.

Deux heures se sont écoulées, Michelle Flamme et Laurent Nachbauer dressent le bilan de la séance. Six thèmes sont retenus et seront développés, chacun sur un panneau : le projet, la matière, les outils, les hommes, l’objet, la transmission. «  On a bien avancé aujourd’hui. Rendez-vous la semaine prochaine. Mardi ça vous va ? » Acquiescements timides, il est temps pour les détenus de retrouver leur cellule. Le vacarme des chaises que l’on range laisse place au silence.

Retrouvez l’article d’Emmanuelle Bobineau dans La Voix du Nord

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