La surpopulation carcérale proche du record historique

Publié dans la presse le 11 juin 2009.

Au 1er juin, il y avait 60 870 détenus en France, a indiqué mercredi 20 juin l’administration pénitentiaire. Un chiffre proche du record établi en juillet 2004, avec 63 652 détenus.

Au 1er juin, il y avait 60 870 détenus en France, a indiqué mercredi 20 juin l’administration pénitentiaire. Un chiffre proche du record établi en juillet 2004, avec 63 652 détenus.

Les 188 prisons françaises sont proches d’un record historique de surpopulation avec 60.870 détenus au 1er juin, chiffre officiel annoncé dans un communiqué de l’administration pénitentiaire.

Ce chiffre est en augmentation de 0,3 % sur le mois précédent. Le chiffre le plus élevé jamais atteint remonte à juillet 2004 avec 63.652 détenus, selon une source du milieu pénitentiaire.

Le taux de surpopulation exact actuel n’est pas connu car l’administration pénitentiaire ne publie plus depuis plusieurs mois le chiffre des places disponibles. Selon des sources officielles, il est d’environ 50.000.

17.000 prévenus
Le nombre de personnes prévenues dans les prisons (non condamnées) est de 17.691 pour 43.179 personnes condamnées. Fait remarquable par ailleurs, le nombre de mineurs détenus a augmenté de 10% en un mois, passant de 712 à 784. Ils représentent 1,3 % de la population pénale.

Il faut ajouter à tous ces chiffres 884 personnes bénéficiant d’une mesure de placement à l’extérieur, 1.679 d’une mesure de semi-liberté et 2.306 d’un placement sous bracelet électronique, dit l’administration pénitentiaire.

Les maisons d’arrêt, qui accueillent les détenus en détention provisoire dans les enquêtes et certains condamnés, sont les plus surpeuplées avec un taux moyen de 135 détenus pour 100 places, selon une étude de Pierre Tournier, un universitaire parisien, publiée le 15 juin dernier.

Ce chercheur a souligné la situation critique de certaines petites prisons qui dépassent souvent les 200% de surpopulation comme La Roche-sur-Yon (Vendée, 94 détenus pour 40 places), Béthune (409 détenus pour 180 places), Lyon Perrache (794 détenus pour 350 places), Le Mans (133 détenus pour 62 places), Fontenay le Comte (82 détenus pour 39 places) ou encore Saint-Denis de la Réunion (248 détenus pour 123 places).

Récidive favorisée
Les syndicats de personnels pénitentiaires et les syndicats de magistrats estiment que cette situation rend impossible tout travail de préparation des détenus à la réinsertion et qu’elle favorise donc la récidive. Ils se sont donc déclarés opposés aux premiers textes présentés par le nouveau Garde des sceaux Rachida Dati, instaurant des peines minimales de prison pour les récidivistes.

Une source gouvernementale a déclaré la semaine dernière que le président Nicolas Sarkozy entendait signer le 14 juillet comme ses prédécesseurs le traditionnel décret de grâces collectives, qui permet habituellement des libérations anticipées pour plusieurs milliers de détenus.

Il s’était avant la campagne présidentielle prononcé contre toute grâce ou amnistie. Ce décret sera d’une ampleur comparable à celui de l’an dernier, a dit cette source. En 2006, les grâces collectives, qui excluaient de nombreux crimes et délits ainsi que les récidivistes, avaient concerné environ 3.000 prisonniers.

En 2006, l’Elysée avait accordé une remise de peine équivalente à quinze jours par mois de détention non encore exécuté, dans la limite de quatre mois maximum.

Retrouvez cet article dans l’Express

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