Zoom sur la maison d’arrêt de Béthune

Publié dans la presse le 6 juin 2009.

La sécurité incendie en question(s) C’est le socialiste Guy Delcourt qui met le feu aux poudres. Inquiet de ce qu’il a pu voir à Béthune, il s’est procuré le rapport de la commission consultative départementale de sécurité et d’accessibilité, faisant suite à la visite de la maison d’arrêt de Béthune du 24 mai 2008.

Chaque fois qu’il feuillette ces pages, c’est pour se donner froid dans le dos. Il en retient notamment « un risque électrique (nombreuses observations), un établissement en un seul volume, des escaliers non protégés, l’absence de stabilité au feu de la structure, une évacuation longue et complexe des personnes vers un volume de mise à l’abri non sinistré, etc. » Suit une série de recommandations et une dernière case, l’avis du rapporteur : « Favorable ». Le mot est entouré d’un cercle au feutre, assorti de deux points d’interrogation indignés. Favorable, ça n’était pas conforme à la grille de lecture de Guy Delcourt, qui a écrit au Premier ministre, à la garde des Sceaux et au directeur de l’administration pénitentiaire. Et de protester : « Je déplore les conclusions de la sous-commission incendie sur le niveau de sécurité de la maison d’arrêt de Béthune, qui ne donnent pas de contre-indications à l’exploitation du site. » Même tintamarre auprès de l’Observatoire international des prisons et de la garde des Sceaux. Pour la ministre, c’est bis repetita après un premier courrier. « Eu égard aux nombreuses carences en matière de sécurité incendie que relate le rapport (…), je m’étonne du silence de votre ministère sur cette question et constate votre manque de volonté manifeste à agir. » Une pierre dans le jardin de la majorité.

Mais alors, l’administration pénitentiaire joue-t-elle avec le feu ? Le préfet et directeur de l’administration pénitentiaire Claude d’Harcourt a écrit au député pour le rassurer : « Compte tenu de la spécificité de la mission et de leur activité, les établissements pénitentiaires ne sont pas des établissements recevant du public (ERP). Le texte prescrivant les mesures de précaution liées au risque incendie dans les établissements pénitentiaires est l’arrêté du 18 juillet 2006. » Reprenant le rapport de la commission, il constate que « certaines de ces conclusions dépassent les exigences de l’arrêté et de fait, ne font pas obstacle à l’exploitation de ce site. »

Retrouvez cet article dans Nord Eclair

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