« Pour touver pire que les prisons françaises il faut aller en Moldavie »

Publié dans la presse le 6 juin 2009.

L’Observatoire International des Prisons (OIP) tenait un colloque ce vendredi pour discuter une nouvelle fois des conditions de détention en France ainsi qu’à l’étranger.

Les conditions de détention sont toujours au cœur des préoccupations de l'Observatoire International des Prisons (OIP), qui organisait ce vendredi un colloque sur le sujet. (P.R.)

Les conditions de détention sont toujours au cœur des préoccupations de l'Observatoire International des Prisons (OIP), qui organisait ce vendredi un colloque sur le sujet. (P.R.)

L’Observatoire International des Prisons (OIP) organisait ce vendredi un colloque pour débattre une nouvelle fois des conditions de détention en France. Une nouvelle fois, et dès le début des interventions, le constat est saisissant. Markus Jaeger, en charge des droits de l’Homme au Conseil de l’Europe, cite un de ses collaborateurs: «pour trouver pire que les prisons françaises, il faut aller en Moldavie».

La réunion tourne autour du thème «peine et prisons», avec les droits des détenus en perspective. Car c’est bien de droit qu’il s’agit: «l’Etat de droit ne doit pas s’arrêter aux portes de la prison», soutient Markus Jaegel. L’objectif de l’emprisonnement est aussi questionné: est-ce de la dissuasion ou plutôt de la resocialisation? «Une chose est certaine, c’est que l’emprisonnement a des effets secondaires qui atteignent gravement la dignité humaine. Cela affecte durablement les détenus et crée des problèmes à leur sortie». Récidive, marginalisation, les détenus relâchés continuent en effet d’avoir un coût, financier et social, pour le reste de la communauté.

Appliquer les réformes

Dan Kaminski, juriste et criminologue belge, déplore que les droits des détenus ne soient pas systématiquement respectés. «Les droits des victimes sont évidents. Ceux des détenus non. Ils sont l’objet de négociations», notamment par les avocats. La difficile confrontation des droits des condamnés avec ceux des victimes est aussi au coeur du questionnement sur le système pénitentiaire, et pas uniquement dans l’hexagone. «Cette relation tourne en faveur des victimes la plupart du temps. D’une certaine manière, les victimes entrent dans les prisons avec les condamnés, influent sur leur peine», ajoute Markus Jaeger.

Sur l’action politique en matière de justice, une conclusion demeure: très peu de réformes pénitentiaires sur les conditions de vie des détenus ont été appliquées, la société se satisfaisant tacitement de la difficulté, parfois extrême dans le cas français, du passage en prison.
Thierry Lévy, ancien président de l’OIP, a finalement résumé l’ensemble des interventions: «l’amélioration des conditions de détention par la voie de la réforme politique en reste au stade de la volonté. Politiquement, l’application n’est pas satisfaisante».

Retrouvez cet article dans Libération

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