Tour de France pénitentiaire : « Je veux aller de l’avant »

Publié dans la presse le 1er juin 2009.

Vanessa participe au Tour de France, de même que Jean-Paul Chapu, directeur de Sequedin.

Vanessa participe au Tour de France, de même que Jean-Paul Chapu, directeur de Sequedin.

Le 1er Tour de France cycliste pénitentiaire partira de Villeneuve-d’Ascq jeudi. La semaine passée, à la maison d’arrêt de Sequedin, quatre participants répondaient aux journalistes. Dans le gymnase où ils s’entraînent, une détenue sequedinoise, deux détenus loossois et le directeur de la maison d’arrêt, rouleur lui aussi.

Le Tour de France pénitentiaire rassemble détenus, gardiens, intervenants en prison, directeurs, dans le même peloton. Sa première édition partira du Campus Décathlon, à Villeneuve-d’Ascq, jeudi 4 juin à 14 h 30.

Il réunira, en binômes détenus/personnels pénitentiaires, 320 rouleurs. Son tracé totalisera 2 200 km. Seul un petit groupe effectuera l’ensemble de la boucle.

Les quinze étapes seront courues par des pelotons régionaux, sans classement. La première (Lille-Valenciennes) et la deuxième (Valenciennes-Montmédy, 188 km) seront vécues par les quatre personnes rencontrées jeudi au gymnase de la maison d’arrêt sequedinoise, où se déroulent les entraînements intérieurs, complétés par des sorties sur route. Comme les autres, ces détenus sont peu sportifs. Ils ont été choisis pour leur motivation.

Vanessa, 26 ans : coachée par sa codétenue.- « On m’a proposé de participer, j’ai accepté, indique la jeune femme. Trois femmes étaient sélectionnées, une n’a pas pu le faire, il ne restait plus que moi. Je ne savais pas du tout dans quoi je m’embarquais. Au départ, on m’a dit que c’était une course à vélo entre maisons d’arrêt. J’ai su progressivement que c’était un Tour de France. Ça a renforcé ma motivation, ça permet de se lancer un défi. Je n’étais pas du tout sportive à l’extérieur et très peu en prison. J’ai souffert au début, mais j’ai un bon entraîneur qui m’a bien aidée. Ma codétenue m’aide aussi, elle me coache, elle prépare les soins et les barres énergétiques. Le vélo, c’est une sensation que j’aime. Aux entraînements, ça fait du bien. C’est mieux quand on sort, on voit du paysage, c’est une bouffée d’air. Je pense que le Tour sera bénéfique pour mon insertion. Je vois davantage la vie en positif. J’ai des regrets, des choses que je voulais faire et que n’ai pas faites, cette participation m’a remise en question, et je veux aller de l’avant. »

Jean-Paul Chapu : être utile.- Le directeur de Sequedin s’était impliqué dans la Chti Ventoux, en 2007, lorsqu’il était à Valenciennes. Six détenus avaient alors couru 1 400 km. Il a imaginé ce Tour de France pénitentiaire, auquel il participe.

« J’avais fait du vélo il y a vingt ans, pour préparer le triathlon. Pour moi, le projet Chti Ventoux était décalé : il introduisait le vélo en prison, où règnent le foot et la musculation. Mon plaisir, ici, est ce que me renvoient les autres : pouvoir être utile à quelque chose. Dans ma mission de directeur, je le suis aussi, mais là, je peux le mesurer pleinement. Le fait qu’un directeur comme moi participe au Tour est facilitateur du projet. Je peux rencontrer plus facilement certaines personnes, faciliter les interfaces entre les administrations. »

Retrouvez l’article de Christian Furling dans La Voix du Nord

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