Prisons : toujours la grogne

Publié dans la presse le 13 mai 2009.

La CGT a mis, à regret, une croix sur « l'amélioration des conditions de travail et de détention » (photo Stéphanie Jaume)

La CGT a mis, à regret, une croix sur « l'amélioration des conditions de travail et de détention » (photo Stéphanie Jaume)

Si les deux syndicats majoritaires (UFAP et FO) ont levé le blocus, la CGT continue de protester, à Rouen notamment contre les conditions de travail.

Le gouvernement est-il parvenu à déminer la situation sociale dans les prisons ? Rien n’est moins sûr puisque la CGT continue de revendiquer et de manifester, notamment devant la maison d’arrêt de Rouen.
« Nous sommes opposés au protocole d’accord signé par l’Ufap et FO, expliquait hier Didier Caudry (CGT). Avec les embauches supplémentaires proposées au niveau national, cela ne fait même pas un agent de la pénitentiaire en plus par établissement. A la CGT, nous estimons qu’il faudrait 10 % d’embauches en plus, soit environ 2 500 postes. »
Hier, une dizaine de manifestants tenaient un piquet de grève, sans s’opposer aux extractions des détenus, devant la maison d’arrêt de Rouen. Et la CGT de contester la représentativité des deux syndicats qui ont signé l’accord mettant un terme au « blocus » des prisons. « Ici, personne n’est content. 80 % des agents ont refusé le protocole, et c’est la même chose au niveau de la direction interrégionale de Lille (dont dépendent les maisons d’arrêt et le centre de détention de Haute-Normandie, NDLR). »

Les syndicats divisés
Bisbilles syndicales ? Ce n’est pas l’avis de Sébastien Ménard, représentant de l’Ufap en Haute-Normandie, en poste au centre de détention de Val-de-Reuil. « 75 % des adhérents de l’Ufap ont souhaité la signature de cet accord. Certains voulaient 1 000 embauches tout de suite, mais focaliser exclusivement sur l’emploi, cela ne sert pas nécessairement la cause. » Et de rappeler qu’il faut aussi préparer la mise en œuvre des règles pénitentiaires européennes et la loi pénitentiaire française.

Pour l’Ufap (syndicat majoritaire dans la région avec 38,3 % des suffrages, suivie de FO avec 31,7 % des votes puis la CGT avec 20,7 %), 14 établissements pénitentiaires sur les 19 de la région Nord étaient favorables au protocole d’accord.
Rappelons qu’après une semaine de mobilisation, les deux principaux syndicats de surveillants pénitentiaires (Ufap-UNSA et SNP-FO) et la ministre de la Justice Rachida Dati ont signé lundi l’accord sur les conditions de travail des gardiens de prison. La CGT-Pénitentiaire, très hostile au texte, dénonce à la fois « la compromission » des syndicats majoritaires et les propositions ministérielles « largement insuffisantes ».
L’accord prévoit la création de 351 nouveaux postes, la création d’un bureau d’aide sociale au sein de la direction de l’administration pénitentiaire, l’édition annuelle d’un bilan social, une gestion prévisionnelle des emplois modernisée, ainsi que la récupération des heures supplémentaires à partir du 1er juillet et le maintien de la prime de risque pendant les congés maladie.

Retrouvez cet article dans Le Paris-Normandie

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