Prison: deux des trois syndicats de surveillants lèvent les blocages

Publié dans la presse le 8 mai 2009.

Un accord est en vue entre la chancellerie et les deux principaux syndicats pénitentiaires, FO et UFAP (70 % des personnels). Un communiqué commun publié jeudi 7 mai au soir, indique que plus de 60 % des surveillants ont validé le relevé de conclusions élaboré la veille après de longues négociations. La CGT avait claqué la porte, jugeant les avancées insuffisantes. Les blocages des prisons décidés depuis le 4 mai sont levés, au moins jusqu’au lundi 11 mai, jour où l’accord doit être paraphé.

Pour renforcer le service de nuit, 174 postes de surveillants seront créés dans 58 petites prisons. Ils s’ajoutent aux 177 créations décidées en février. C’est, pour les syndicats, un « début de réponse ». Le ministre du budget, Eric Woerth avait exclu deux jours plus tôt des hausses d’effectifs. Les prisons comptent 24 340 surveillants et 1 200 emplois de plus étaient inscrits pour 2009 au budget pénitentiaire (2,4 milliards d’euros).

Les syndicats ont obtenu le retrait d’une circulaire du 8 avril sur les surveillances spéciales dans le cadre de la prévention du suicide. Abandonné, aussi, le retrait de la prime de sujétion spéciale en cas de congé maladie. Les heures supplémentaires seront payées ou récupérées, au choix. Un bureau d’aide sociale sera créé.

Une partie de ces points figurait déjà dans les propositions faites par la garde des sceaux, Rachida Dati, le 30 avril. Mais le mouvement repose sur un « ras-le-bol » généralisé des surveillants, dont les conditions de travail sont très dégradées par la surpopulation carcérale (63 351 détenus pour 52 741 places au 1er avril). Dans une bonne partie des établissements bloqués, un deuxième vote a dû être organisé pour que les personnels donnent leur accord.

RETOUR EN ARRIÈRE

Les associations qui travaillent auprès des détenus avaient accueilli avec bienveillance le mouvement, mais un point de l’accord les inquiète : le gel des règles pénitentiaires européennes (RPE), qui tendent à mieux respecter les droits des prisonniers et à clarifier les procédures suivies par les personnels. Le principe en est « réaffirmé », mais « les nouvelles mesures de mise en oeuvre des RPE seront suspendues ». C’est un camouflet pour l’administration, qui en avait fait sa vitrine, mais aussi un retour en arrière pour le gouvernement.

A Roanne en janvier, le premier ministre François Fillon avait salué « l’ambition d’intégrer rapidement les règles pénitentiaires européennes, parce que leur fondement, c’est le souci de dignité humaine ». Des aumôniers à l’Association française de criminologie, en passant par le groupement étudiant Genepi, les visiteurs de prisons, et les syndicats de directeurs de prison, tous dénoncent cette remise en cause.

Retrouvez cet article d’Alain Salles dans Le Monde

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