Rachida Dati attend l’avis des syndicats « dès que possible »

Publié dans la presse le 7 mai 2009.

La ministre de la Justice réfute tout « ultimatum ou convocation » alors que les syndicats pénitentiaires ont boycotté son rendez-vous, au cours duquel ils devaient donner leur avis sur les propositions d’amélioration de leurs conditions de travail.

L’avis des surveillants de prison sur les propositions d’amélioration de leurs conditions de travail formulées mardi par le ministère de la Justice est attendu « dès que possible » par la garde des Sceaux Rachida Dati. C’est ce qu’a déclaré son porte-parole mercredi 6 mai. « Il ne s’agit en aucun cas d’un ultimatum ou d’une convocation. Nous attendons les syndicats dès que possible en espérant qu’on puisse trouver un accord pour mettre fin à ce conflit compte tenu des avancées proposées hier (mardi) », a déclaré à l’AFP le porte-parole de Rachida Dati. « Notre porte reste bien évidemment ouverte (…) On attend le retour des consultations », a-t-il insisté.

Boycott de la réunion par les syndicats

Sur RMC, Rachida Dati a déclaré mercredi matin avoir  » confiance en leur sens des responsabilités » (des surveillants, ndlr).
Les syndicats pénitentiaires ne sont pas allés au rendez-vous fixé par la Chancellerie, ce mercredi à 11 heures. Ils devaient rendre un avis définitif sur les propositions d’amélioration de leurs conditions de travail formulées mardi par le ministère de la Justice. Mardi soir, après une journée entière de négociations au ministère de la Justice, les responsables de l’entente syndicale réunissant l’Ufpa-Unsa, FO et la CGT-Pénitentiaire étaient sortis déçus. Ils avaient promis de consulter « la base » avant de rendre un avis sur le document soumis à leur approbation.

« Rien en terme d’emploi »

Or « le premier sentiment n’est pas brillant, ça n’est pas accueilli avec une grande joie », a déclaré mercredi matin Jean-François Forget, de l’Ufap. « La Chancellerie nous a imposé d’être là à 11 heures pour qu’on lui donne un retour sur son document mais on n’y sera pas, on n’est pas en état », a ajouté le leader syndical. Dès mardi soir les responsables des trois principaux syndicats de surveillants avaient laissé entendre qu’ils refuseraient l' »ultimatum » fixé par les services de Rachida Dati.
« On ne nous a pas conviés pour discuter, on nous a imposé d’être là, la ministre a besoin de ce document pour l’exploiter tant au Conseil des ministres que dans l’hémicycle » (au Parlement, ndlr), a affirmé Jean-François Forget. Cela fait maintenant trois jours que le mouvement des gardiens de prison bloque les prisons. Des « piquets » formés de palettes enflammées barraient mercredi matin les accès de nombreux établissements. Les forces de l’ordre sont à nouveau intervenues, notamment à la prison de la Santé à Paris, pour permettre le passage des fourgons cellulaires. Le « relevé de conclusions » soumis par le ministère à l’aval des personnels prévoit notamment de renforcer les surveillances de nuit dans les plus petits établissements, de revoir les modalités des « surveillances spéciales » de détenus potentiellement suicidaires, ou encore la création d’un bureau d’aide sociale au 1er juillet. Des mesures « insuffisantes », qui ne représentent « rien en terme d’emploi », selon Céline Verzeletti, de la CGT.

Intervention des gendarmes à la Santé

Les gendarmes mobiles sont en effet intervenus mercredi matin pour dégager l’accès à la prison de la Santé à Paris (XIVe). La maison d’arrêt était bloquée depuis 5h30 par une soixantaine de surveillants, qui protestent contre leurs conditions de travail.

L’intervention des forces de l’ordre a eu lieu vers 8h.
Il n’y a pas eu d’incident majeur mais, dans la bousculade, un surveillant a été blessé au genou et a été évacué par les sapeurs-pommiers.
Les surveillants avaient mis le feu à des palettes de bois pour interdire l’accès à la prison parisienne. Une trentaine de gendarmes mobiles, tête nue et bouclier à la main, ont dégagé l’entrée après une mêlée d’une dizaine de minutes. Lorsque le passage a été libéré, deux fourgons de l’administration pénitentiaire sont entrés dans l’établissement.
Trente détenus, dont Fofana et d’autres membres du « gang des barbares » qui doivent rejoindre la cour d’assises pour leur procès, doivent être transférés au cours de la journée.

Evacuations « musclées »

Mardi soir, vers 23h15, les gendarmes mobiles ont évacué 400 à 500 surveillants qui bloquaient depuis plusieurs heures les abords de la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis (Essonne). Cinq barricades ont été successivement enflammées.
« Il est scandaleux que le gouvernement traite le conflit de cette manière », a dénoncé Céline Verzeletti dans une allusion aux charges de CRS.
Mardi, les forces de l’ordre ont usé parfois de gaz lacrymogènes et de matraques à Fresnes (Val-de-Marne), Bois-d’Arcy (Yvelines), à la Santé à Paris ou à Fleury-Mérogis (Essonne).

Des propositions soumises au personnel

Les syndicats de surveillants pénitentiaires ont prévenu mardi soir de leur intention de poursuivre le blocage des prisons, commencé lundi. Ils sont insatisfaits des propositions du ministère de la Justice qui doivent être soumises mercredi aux personnels sur le terrain.
Les interventions « musclées » des forces de l’ordre, mardi, ont pesé sur le climat des négociations pour améliorer les conditions de travail des surveillants, négociations qui ont duré jusqu’à 21h.
« On est mitigé, satisfaits non, nous avons un relevé de conclusions, nous allons le transmettre aux personnels et c’est eux qui vont se prononcer dès demain » mercredi, a déclaré à la sortie Christophe Marquès, de FO-pénitentiaire, qui avec l’Ufap-Unsa et la CGT forme l’entente syndicale à l’origine du mouvement.
Le document soumis aux personnels envisage notamment de renforcer les surveillances de nuit dans les plus petits établissements, de revoir les modalités des « surveillances spéciales » de détenus potentiellement suicidaires, ou encore la création d’un bureau d’aide sociale au 1er juillet.

« En terme d’emplois, il n’y a rien »

« C’est insuffisant, en terme d’emplois il n’y a rien! », s’est énervée Céline Verzeletti, de la CGT.
« Ils n’ont pas l’air d’entendre les personnels, ils sont frileux », a ajouté Jean-François Forget (Ufap).
Le ministère attend des réponses pour mercredi 11h, a précisé le porte-parole de Rachida Dati, Guillaume Didier, un « ultimatum » rejeté par les syndicats. « Ca n’est pas la Place Vendôme qui fixe l’heure, nous viendrons quand l’ensemble des personnels aura été consulté », a déclaré Christophe Marquès.
« Ca sera sur les barricades que les personnels décideront », a averti Jean-François Forget.
Le blocage « progressif » des prisons, qui a concerné depuis lundi les transferts et extractions des détenus, doit être étendu à l’accès des intervenants extérieurs (avocats, éducateurs, visiteurs).
Rachida Dati, qui a participé pendant une heure aux discussions à la Chancellerie, a affirmé mardi après-midi à l’Assemblée que des « avancées majeures » avaient été proposées.

Pas d’argent

Pour sa part, le ministre du Budget Eric Woerth a exclu toute nouvelle augmentation des crédits de l’Administration pénitentiaire.
Les syndicats ont pourtant mis en avant la nécessité d’effectifs supplémentaires « car on ne peut plus continuer à subir plus de 10.000 détenus en trop dans les prisons françaises », a dit Christophe Marquès. Ils réclament aussi un « accompagnement » social des 24.300 surveillants, en proie à « un ras-le-bol général » et dont dix ont mis fin à leurs jours depuis le 1er janvier.

Retrouvez cet article dans Le Nouvel Obs ainsi qu’une vidéo ou des surveillants de Fleury-Mérogis sont évacués.

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