Prisons : le gouvernement refuse de céder sur les effectifs

Publié dans la presse le 6 mai 2009.

Reçus hier toute la journée à la Chancellerie, les syndicats des personnels pénitentiaires sont sortis déçus des négociations et menaçaient de renforcer le blocage des prisons, en l’étendant dès aujourd’hui aux intervenants extérieurs. Des heurts parfois violents ont opposé surveillants et forces de l’ordre.

Les discussions ont duré toute la journée d’hier. Sans aboutir à un accord. Au risque de conduire à un durcissement du mouvement des surveillants dans les prisons. Le gouvernement reste ferme sur son refus d’augmenter les effectifs, comme le demandent les personnels pénitentiaires. Eric Woerth, le ministre du Budget, s’est lui-même prononcé clairement sur le sujet : « Nous avons augmenté le nombre de postes [de la pénitentiaire] de 2.000 à 3.000 emplois supplémentaires en 2009. (…) Je pense que ça suffit. (…) On ne peut pas sans arrêt continuer à ajouter de la dépense publique », a-t-il déclaré.

Règles européennes

La garde des Sceaux, pour sa part, n’a rien concédé de plus que ce qu’elle avait déjà annoncé la semaine dernière. Les circulaires sur les rondes de nuit pour la prévention des suicides et celle sur le contrôle des agents en arrêt maladie seront bel et bien retirées. Et la présence d’un surveillant supplémentaire la nuit (4 au lieu de 3) dans les petits établissements (60 sur 194) est désormais acquise sans que les modalités pratiques aient encore été arrêtées.

La Chancellerie s’est aussi dite prête à revoir « le rythme de mise en place des règles pénitentiaires européennes afin de mieux prendre en compte les contraintes qu’elles font peser sur les services des établissements ». Adoptées en janvier 2006, ces règles européennes constituent pourtant le socle principal de la loi pénitentiaire, adoptée au Sénat le 6 mars et attendue en deuxième lecture à l’Assemblée avant l’été.

Ces gestes n’ont pas suffi à calmer la colère des syndicats, qui ont décidé de maintenir le blocage des prisons. Des heurts parfois violents ont même opposé surveillants et forces de l’ordre hier pendant la tenue des négociations. Selon les syndicats, outre les gaz lacrymogènes, des balles en caoutchouc et des armes électriques auraient été utilisées pour disperser les surveillants à la prison de la Santé et à Fleury-Mérogis. Comme annoncé, le blocage pourrait s’étendre dès aujourd’hui aux intervenants extérieurs (avocats, visiteurs). Ce qui pénaliserait surtout les détenus.

Retrouvez cet article dans Les Echos

Vous pouvez aussi consulter le témoignage des surveillants face à leurs conditions de travail dans l’article paru dans le Monde le 5 mai 2009.

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