Les gendarmes dialoguent avec les mineurs détenus

 Plus qu'un rappel à la loi, l'intervention des gendarmes met l'accent sur la citoyenneté.

Plus qu'un rappel à la loi, l'intervention des gendarmes met l'accent sur la citoyenneté.

Une fois par mois, la brigade de prévention de la délinquance juvénile de Douai vient à la rencontre de détenus de l’Établissement pénitentiaire pour mineurs (EPM) de Quiévrechain. Cette collaboration a été officialisée mardi par la signature d’une convention de partenariat, en présence du lieutenant-colonel Antoine Sauvan, commandant le groupement de gendarmerie de Nord-Valenciennes, d’Alain Jego, directeur interrégional de l’administration pénitentiaire, et de Michel Chaussumier, son homologue de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ).

Pourquoi la loi ? C’est sur cette base que l’adjudant-chef Courtin et ses hommes engagent le débat. L’individu, explique alors le gendarme à son jeune auditoire, a besoin de règles. S’il adopte un comportement déviant, la société essaiera de le réintégrer, ou l’exclura. La loi, que l’on soit d’accord ou non, on est obligé de faire avec : c’est ce qu’il faut en retenir. « On part d’exemples concrets », détaille le sous-officier. C’est comme les enfants eux-mêmes : lorsqu’ils jouent entre eux, ils établissent des règles, que chacun est tenu de respecter.

Pas facile de faire adhérer les jeunes détenus qui, au départ, manifestent une certaine appréhension. « C’est bien compréhensible, observe Catherine Pech, directrice-adjointe de l’EPM. Ce n’est pas une image : certains sont arrivés chez nous entre deux gendarmes. » Mais le cadre est cette fois différent, les barrières finissent par tomber et la discussion par s’engager. « On leur parle du code pénal, poursuit l’adjudant-chef Courtin. En leur expliquant le maximum pouvant être appliqué à un majeur : ils sont étonnés du montant des peines. Ils ont surtout un questionnement personnel :  » Qu’est-ce que je risque en faisant ça ? « . » « La venue du gendarme en EPM est importante, fait remarquer Christophe Millescamps, directeur de l’établissement. Elle peut participer à l’oeuvre de réconciliation. Cela démontre aux détenus que l’autorité est capable à un moment donné de se montrer généreuse. » « On essaie de les réconcilier avec les institutions au sens large », appuie l’adjudant-chef.

« Cette expérience est unique », précise le lieutenant-colonel Sauvan : d’ordinaire, la brigade de prévention de la délinquance juvénile – six gendarmes basés à Douai-Dorignies – intervient en milieu ouvert, le cadre scolaire principalement.

À Quiévrechain, l’expérience a fait la preuve de sa pertinence ; la convention signée mardi vient l’intégrer dans l’enseignement dispensé. Quarante mineurs dont deux filles sont actuellement détenus à l’EPM (ouvert le 17 septembre 2007 avec 54 places). Sur un total de 98 pour l’interrégion : les autres le sont dans l’un des quatre quartiers pour mineurs, situés à Longuenesse (Pas-de-Calais), Laon (Aisne), Liancourt (Oise) et Rouen (Seine-Maritime).

Retrouvez l’article de B.D. dans La Voix du Nord

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :