Faute d’accord avec son administration le personnel pénitentiaire opte pour un blocage progressif des prisons

Publié dans la presse le, 29 avril 2009.

Les trois syndicats UFAP, SNP-FO et CGT pénitentiaire ont lancé un appel unitaire à des mouvements de grève reconductibles dans les prisons et Maisons d’arrêt à partir du lundi 4 mai. “L’Unité syndicale“ attend principalement des embauches et une amélioration des conditions de travail.

Dans un premier temps, les transfèrements de détenus et les extractions judiciaires seront affectés par le mouvement qui pourrait se durcir au fil des jours. En cas de non prise en compte des revendications le blocage s’étendrait à partir du 6 ou 7 mai aux intervenants extérieurs (visiteurs de prison, entreprises, etc). Les parloirs et la restauration ne sont pas à priori visés par le mot d’ordre.

Les syndicats réclament des moyens supplémentaires et la suppression des dernières instructions de la Garde des Sceaux relatives aux surveillances particulières de nuit comme de jour. Ils attendent également « l’ouverture d’un débat sérieux » sur la prévention des suicides. Face à la surpopulation carcérale, l’UFAP veut une mise à plat de la totalité des organigrammes des établissements et une augmentation globale des effectifs en service de nuit dans les petites structures. « Il nous faudrait au moins 50 surveillants supplémentaires en Haute-Normandie. C’est particulièrement vrai à Evreux et à Rouen et les 1.600 postes promis en national ne couvriront pas les déficits. Nous resterons largement en deçà des besoins », commente Sébastien Ménard (UFAP) à la prison du Val-de-Reuil.

En interne, les syndicats demandent l’arrêt des suppressions de primes lors d’un arrêt maladie et l’arrêt des « contrôles abusifs » des agents malades. « Enlever des primes pendant les arrêts maladie revient à sanctionner et à pénaliser l’agent malade et oblige les personnels à ne pas se soigner », précise-t-on à la CGT. Les gardiens, qui ne veulent plus « travailler perpétuellement dans l’urgence et être réduits à de simples porte-clefs », attendent aussi le développement promis des mesures alternatives à l’incarcération et aux aménagements de peine. « Nous devons assurer de nouvelles directives comme la mise en place de “quartiers arrivants“… A la Maison d’arrêt d’Evreux il a fallu rouvrir une cours en très mauvais état et sans personnel supplémentaire pour que les prévenus et les condamnés soient séparés pour la promenade », explique Sébastien Ménard.

Les syndicats avaient déjà lancé un mot d’ordre similaire en octobre 2008. La grève avait été levée au dernier moment après l’engagement du Gouvernement de mettre sur pied des “groupes de travail“. Faute d’accord tangible le dialogue a été rompu.

Retrouvez l’article de Patrick Streiff sur Fil-Fax.com

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