Prison sous haute tension

Publié dans la presse le 20 avril 2009.

Un nouveau centre de détention doit ouvrir à Saint-Aubin-Routot, près du Havre, en 2010

Un nouveau centre de détention doit ouvrir à Saint-Aubin-Routot, près du Havre, en 2010

Les syndicats de surveillants annoncent un mouvement d’envergure à partir du 4 mai pour se faire entendre du Ministère de la Justice. Explications.

Ulcérés, se disant victimes du mépris du ministère de la Justice, dénonçant un dialogue social rompu, les principaux syndicats de l’administration pénitentiaire ont annoncé un vaste mouvement social qui devrait perturber le fonctionnement des prisons et de la justice à partir du 4 mai. « Nous n’avons pas encore défini toutes les modalités de cette action », explique Sébastien Ménard, responsable régional de l’Ufap (Union fédérale de l’administration pénitentiaire). Et de déclarer que les maisons d’arrêt de Haute-Normandie (Le Havre, Rouen, Evreux) étaient confrontées aux problèmes classiques de la pénitentiaire : surpopulation, vétusté des installations et manque de personnels. En revanche, la centrale de détention de Val-de-Reuil souffre d’un autre écueil : « Nous accueillons trop souvent des détenus de la région parisienne qui effectuent de courts reliquats de peine et avec lesquels il est impossible de mettre en place un projet de fin de peine ».

La nouvelle prison ne rassure pas
Ce n’est pas l’ouverture prévue en avril 2010 du nouveau centre de détention du Havre qui rassure les syndicats. Ceux-ci ont dénoncé de graves dysfonctionnements lors d’ouvertures précédentes. « J’appréhende cette ouverture car l’administration pénitentiaire va toujours trop vite et parfois on se retrouve avec des établissements souffrant de problèmes de conception, de serrures mal placées, de grilles non scellés posant des problèmes de sécurité », détaille Sébastien Ménard.
Le centre pénitentiaire du Havre va accueillir un nombre maximum théorique de 635 détenus répartis entre deux centres de détention, une maison d’arrêt, un centre de semi-liberté et un quartier pouvant accueillir 15 mineurs. Pour encadrer les prisonniers, l’administration pénitentiaire a prévu 192 surveillants. « Aujourd’hui, en Haute-Normandie, il manque entre 15 et 30 surveillants. L’administration pénitentiaire dit qu’elle crée des emplois mais ceux-ci suffisent à peine à couvrir les besoins liés aux ouvertures de nouveaux établissements », explique Sébastien Ménard.
Sur le plan régional, la surpopulation carcérale touche tous les établissements qui affichent un taux d’occupation allant jusqu’à 160 %. Aujourd’hui la maison d’arrêt de Rouen a une capacité théorique de 651 places, celle du Havre de 189 places, celle d’Evreux de 162 places et le centre de détention du Val-de-Reuil possède 819 places.
Les syndicats, qui s’insurgent contre « la dégradation des conditions de vie et de travail des personnels pénitentiaires», craignent aussi le vote en mai de la loi pénitentiaire « qui prévoit beaucoup mais sans mettre de moyens ».

Retrouvez l’article dans Paris-Normandie


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